La présentation de saison aura lieu le 16 décembre 2019 à 19 heures au nouveau conservatoire du 14ème

21 janvier 2020

Clôture de l'amour

texte, conception, réalisation Pascal Rambert
avec Audrey Bonnet et Stanislas Nordey
 
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Le projet

Durée 2 heures

Horaire 20h

Scénographie Daniel Jeanneteau  
Parures La Bourette
Musique Arrangement d’Alexandre Meyer de la chanson  Happe (Alain Bashung - Jean Fauque), avec l’aimable autorisation des éditions Barclay/Universal©, interprétée par la chorale des enfants du XXX
Lumières Pascal Rambert et Jean-François Besnard
 
Assistant à la mise en scène Thomas Bouvet
Directrice de production Pauline Roussille
 
Production déléguée structure production
Coproduction Festival d’Avignon / Théâtre du Nord - Lille

Création Festival d’Avignon le 17 juillet 2011
Le texte de Clôture de l’amour est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs - Clôture de l’amour a reçu le Prix du théâtre public au Palmarès du Théâtre 2013 – Dithea, le Prix de la Meilleure création d’une pièce en langue française par le Syndicat de la Critique 2012 et le Grand Prix de littérature dramatique du Centre national du Théâtre en octobre 2012.

Ecriture

Texte, conception, réalisation
Pascal Rambert

J’écris Clôture de l’amour pour Stanislas Nordey et Audrey Bonnet. C’est Stanislas Nordey qui m’en a parlé en premier. Qui m’a dit : « J’aimerais un jour jouer dans tes pièces ». J’ai dit OK.

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J’ai dit j’ai une idée de séparation dure. Une séparation dure entre quelqu’un de ton âge et une jeune femme aussi de ton âge. J’ai dit je voudrais que ce soit Audrey Bonnet. Il a dit « J’aime beaucoup Audrey Bonnet ». Alors j’ai dit demandons à Audrey. Audrey a dit « oui ». J’écris pour Stanislas Nordey. J’écris pour sa manière de projeter les mots. Cette manière articulée de dire la langue Française. Cette manière unique de faire du langage une respiration entière du corps. Le corps respire chez Stanislas Nordey. Chaque mot devient - de la première lettre à la dernière - un monde abouti et plein. Ce sont des couteaux. Des lames brillantes préparées. Enclenchées.
Armées. Soigneusement rangées. Prêtes à être sorties en ordre. Des mots dans l’ordre : dans leur aspect premier, secondaire, tertiaire. En toute objectivité frontale et froide. Là, devant la bouche. Portés par la puissance nerveuse et sèche du corps. Le corps est sec. Précis. Méchant.
La bouche est mobile, insatisfaite, aigre. Les yeux accompagnent une sorte de panique qu'on ne voit pas s'interrompre. Un tonnement. La main, puis les mains, prolongent l'idée. Les sortent du corps à la manière de phylactères rétifs, froids ou soudain incendiés. Le corps est le support. Il porte  en  son  entier  la  diction.  Il  est  diction  à  vrai  dire.  Rien  n’est  jamais  satisfaisant  dans l’élocution. Rien. On le voit bien : les mains , la bouche, les yeux, les jambes – ce ballet dur - cherchent,  avancent,  repartent,  rentrent,  sortent,  re  rentrent,  re  sortent  (  ne  glissent  jamais  : jamais  )  vont  devant,  vont  loin  (  sur  le  plateau  là-bas),  au  sol  –  surtout  au  sol  –  en  haut ( majoritairement en haut mais plus à l’horizontal net du sol ) tancent, exaspèrent, recommencent (ne battent pas en retraite : jamais ) recommencent encore : ça y est le sens est là. Le sens est là. Devant. Devant nous. On a suivi le sens depuis l’intérieur du corps de Stanislas Nordey ( il était dans la bouche, il était sur les mains, on l’avait vu dans les jambes, la poitrine ) maintenant le sens est là depuis l’intérieur du corps jusque-là devant nous. Matériel. Pas rigolo. Brut. Comme ça tiens le sens il n’y a pas de problème il est là réel pas rigolo il est là tiens prends le sens. Cela est une masse. Du début à la fin. A fragmentation en plus. Pour causer de justes dommages à la tête.  
J’écris pour ça. Pour ça chez Stanislas.  
 
J’écris pour Audrey Bonnet. Alors Audrey Bonnet ( son personnage ) qui est restée sans rien dire pendant  une  bonne  demi-heure  à  écouter  (  tout  ça  au-dessus  )  les  précisions  de  Stanislas
Nordey ( le personnage ) qui lui explique avec les mains , la bouche , la poitrine pourquoi il la quitte ( clôture de l’amour ) alors Audrey Bonnet ( son personnage ) elle reprend sa salive et elle
répond. J’écris pour Audrey. Alors là c’est pas pareil mais alors pas du tout pareil que chez Stanislas Nordey. J’écris pour Audrey. J’écris pour le corps d’Audrey. Pour cette courbe fine du haut en bas qui écoute. Audrey écoute. J’écris pour cette écoute puis pour ce corps courbe et fin qui s’est tu et puis parle. Alors quand ça parle ça parle droit dur et en tessiture medium-grave. Parfois ça grimpe des sortes de courbes inattendues dans le registre haut et puis ça oblique en piqué vers le bas hyper rapide. Et puis ça s’arrête. Et ça écoute à nouveau. Et c’est le silence. Le corps qui attend. Il respire. Il respire depuis le début ça c’est sûr. Mais il attend. Il sait comme personne le corps d’Audrey Bonnet le créer le silence. Dire eh alors ? D’avoir l’air soudain super actif dans l’immobilité totale. Presque débile. Façon idiot du village. Je suis là. J’emplis ( par mon silence ) ton espace. J’attends.
Et je reprends. Les mots sont ronds. Plats. Les mots sont plats et épineux. Des fois totalement abandonnés devant elle parce que le doute est dans le sens. Le doute prend le sens. Le sens est remis en doute devant la bouche comme des poissons morts dont on regarde la fraîcheur dans l’oeil. Tu es vivant sens ? C’est quoi ton verso ? Il est où ton recto ? Hello ??? Ca commence où il paraît ? Ca va à quel endroit ? Il y a ça dans le jeu d’Audrey Bonnet : une incrédulité. Un effarement. Une écoute qui écoute le brut, le direct, le matériel, le pas rigolo et qui dit : ah bon ? Ah  bon  ?  Et  ça  recommence  à  la  manière  du  combattant  immobile  Audrey  Bonnet  ça recommence ça rattrape les mots directs, bruts, matériels, métalliques, pas rigolos d’avant et ça les saisit et ça les regarde comme des poissons morts pour voir si la vie est encore dedans si l’amour ( clôture de l’amour ) est bien mort.
 
 
Pascal Rambert, Paris, avril 2010
Pascal RambertAuteur

Biographie

Pascal Rambert (1962) est auteur, metteur en scène, réalisateur et chorégraphe. En 2016 Il reçoit le Prix du Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre.

structure production - pascal rambert & pauline roussille est associé au Théâtre des Bouffes du Nord (FR) depuis 2017. Pascal Rambert est artiste associé de El Pavón Teatro Kamikaze (ES) et auteur associé au TNS - Théâtre National de Strasbourg (FR) depuis 2014.
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De 2007 à 2017, il est directeur du T2G-Théâtre de Gennevilliers (FR) qu'il a transformé en centre dramatique national de création contemporaine, lieu exclusivement consacré aux artistes vivants (théâtre, danse, opéra, art contemporain, cinéma).
Les créations de Pascal Rambert sont produites par structure subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication, et présentées internationalement : Europe, Amérique Centrale, Amérique du Sud, Afrique de Nord, Russie, Asie, Moyen Orient.
Ses textes sont édités en France aux Solitaires intempestifs mais également traduits et publiés dans de nombreuses langues : anglais, russe, italien, allemand, japonais, mandarin, croate, slovène, polonais, portugais, danois, espagnol, catalan, néérlandais, thaï, tchèque et grec.
Ses pièces chorégraphiques, dont la dernière Memento Mori créée en 2013 en collaboration avec l’éclairagiste Yves Godin, sont présentées dans les principaux festivals ou lieux dédiés à la danse contemporaine notamment Montpellier (FR), Avignon (FR), Utrecht (NL), Genève (CH), Ljubljana (SI), Skopje (MK), Moscou (RU), Hambourg (DE), Modène (IT), Freiburg (DE), Tokyo (JP), New York (USA).
Pascal Rambert a mis en scène plusieurs opéras en France et aux États-Unis.
Il est le réalisateur de courts métrages sélectionnés et primés aux festivals de Pantin (FR), Locarno (FR), Miami (USA), Paris (FR).
Sa pièce Clôture de l'amour, créé au Festival d’Avignon (FR) en 2011 avec Audrey Bonnet et Stanislas Nordey connait un succès mondial. Le texte a reçu en 2012 le Prix de la Meilleure création d’une pièce en langue française par le Syndicat de la Critique et le Grand Prix de littérature dramatique du Centre national du Théâtre. En 2013, Pascal Rambert a reçu le Prix de l’auteur au Palmarès du Théâtre.
Fin 2016, Clôture de l’amour aura été jouée plus de 180 fois, et traduit en 23 langues.
Il crée des adaptations de cette pièce en 11 langues : en russe au Théâtre d’Art de Moscou (RU), en anglais à New York (USA), en croate à Zagreb (HR), en italien à Modène (IT), Rome (IT) et au Piccolo Teatro de Milan (IT), en japonais à Shizuoka (JP), Osaka (JP) et Yokohama (JP), en allemand à Berlin (DE) et au Thalia Theater de Hambourg (DE), en espagnol à Barcelone (ES) dans le cadre du Festival International Grec et à Madrid (ES), Festival de Otoño, et en danois à Copenhague (DK), Aalborg (DK), Aarhus (DK) et Odense (DK), en mandarin à Pékin (CN), en arabe au Caire en Egypte (EG), en finnois à Helsinki en Finlande (FI).
Après une tournée française, Une (micro) histoire économique du monde, dansée, créée au T2G-Théâtre de Gennevilliers en 2010, est reprise et adaptée par Pascal Rambert au Japon (JP), Fujimi, Shizuoka et Miyazaki, en Allemagne (DE), Hambourg et Karlsruhe, aux Etats-Unis (USA), New York, Los Angeles et Pittsburgh, et en Egypte (EG), au Caire, et à Bangkok en Thaïlande (TH).
Il crée son texte Avignon à vie lu par Denis Podalydès dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes pour le Festival d’Avignon (FR) 2013.
Pascal Rambert met en scène sa pièce Répétition écrite pour Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Stanislas Nordey et Denis Podalydès le 12 décembre 2014 au T2G-Théâtre de Gennevilliers (FR) dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Soixante représentations de celle-ci seront ensuite données en tournée en 2015, à Lyon (FR), Vidy Lausanne (CH), Poitiers (FR), Modène (IT), Strasbourg (FR), Clermont-Ferrand (FR), Paris (FR) au Théâtre National de Chaillot, Orléans (FR), Chateauvallon (FR) et Valenciennes (FR).
En 2016, il met en scène la version italienne, Prova, au Teatro Arena del Sole de Bologne (IT) et au Piccolo Teatro di Milano (IT), et en 2017 Ensayo version espagnole, à Madrid (ES).
L'Académie Française a décerné son Prix annuel 2015 de littérature et de philosophie, à Pascal Rambert pour Répétition.
En juin 2015, dans l'espace nu du Théâtre des Bouffes du Nord, Pascal Rambert présente cinq de ses pièces : Memento Mori, Clôture de l'amour, Avignon à vie, De mes propres mains et Libido Sciendi.
Il crée en janvier 2016 sa pièce Argument écrite pour Laurent Poitrenaux et Marie-Sophie Ferdane au CDN Orléans/Loiret/Centre (FR), puis la présente à La Comédie de Reims (FR) et au T2G-Théâtre de Gennevilliers (FR).
En mai 2017, il met en scène son texte Une vie qu’il a écrit pour les comédiens de la Comédie-Française, au Théâtre du Vieux Colombiers à Paris (FR).
En août 2017, il monte son texte GHOSTs avec les acteurs Taïwanais pour l’ouverture du Art Tapei Festival (TW) puis en version japonais à Tokyo (JP).
Il écrit Actrice pour les acteurs du Théâtre d’Art de Moscou (RU) qu’il met en scène en France le 12 décembre 2017 au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris (FR), avec Marina Hands, Audrey Bonnet Jakob Öhrman, Elmer Bäck, Rasmus Slätis, Jean Guizerix, Emmanuel Cuchet, Ruth Nüesch, Luc Bataïni, Lyna Khoudri, Yuming Hey, Sifan Shao, Laetitia Somé, et, en alternance, Anas Abidar, Nathan Aznar et Samuel Kircher, et qui tournera de Janvier à Mars 2018. Il crée Glumica, la version croate d’Actrice au Théâtre National de Zagreb (HR) en février 2019.
Il écrit et met en scène Reconstitution en mars 2018 pour et avec Véro Dahuron et  Guy Delamotte au Panta Théâtre à Caen (FR).
Il écrit Nos parents pour les comédiens de la Manufacture qu’il met en scène à Vidy Lausanne (CH) en avril 2018.
En septembre 2018, il monte son texte Christine à la Comédie de Genève (CH) dans le cadre du Festival Julie's Party et il crée Teatro au Teatro Nacional Dona Maria II (PT).
En novembre 2018 il met en scène Sœurs, un texte écrit pour Marina Hands et Audrey Bonnet, interprété par elles-mêmes à Annecy (FR) et Paris (FR). En décembre, il crée la version espagnole, Hermanas pour Barbara Lennie et Irene Escolar à Séville (ES) et à Madrid (ES).
De février à juin 2019, il est invité comme professeur artiste à Princeton University (USA). Il met en scène les étudiants de Princeton dans Others créé le 2 mai 2019. 
En mars 2019, il crée 愛的落幕, la version taïwanaise de Clôture de l'Amour au Metropolitan Theater de Taipei (TW).
Il écrit Architecture pour Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Anne Brochet, Marie-Sophie Ferdane, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Denis Podalydès, Laurent Poitrenaux, Pascal Rénéric et Jacques Weber, qu’il crée avec eux le 04 juillet 2019 pour l’ouverture du Festival d’Avignon (FR) dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes, et qui tournera à Rennes (FR), Strasbourg (FR), Paris (FR), Annecy (FR), Clermont-Ferrand (FR), Sceaux (FR), Valenciennes (FR), Lyon (FR) et Bologne (IT).
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